Chapitre 2 : portrait d’Auguste (solution)

  LXXIX. Son portrait

(1) Sa beauté traversa les divers degrés de l’âge en se conservant dans tout son éclat, quoiqu’il négligeât les ressources de l’art. Il s’inquiétait si peu du soin de sa chevelure, qu’il occupait à la hâte plusieurs coiffeurs à la fois, et que, tantôt il se faisait couper la barbe, tantôt il la faisait raser, sans qu’il cessât, pendant ce temps, de lire ou d’écrire. (2) Soit qu’il parlât, soit qu’il se tût, il avait le visage tranquille et serein. […]

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(3) Auguste avait les yeux vifs et brillants; il voulait même que l’on crût qu’ils tenaient de la puissance divine. Quand il regardait fixement, c’était le flatter que de baisser les yeux comme devant le soleil. Son oeil gauche s’affaiblit dans sa vieillesse. (4) Ses dents étaient écartées, petites et inégales, ses cheveux légèrement bouclés et un peu blonds, ses sourcils joints, ses oreilles de moyenne grandeur, son nez aquilin et pointu, son teint entre le brun et le blanc. (5) Il avait la taille courte (quoique l’affranchi Julius Marathus, dans ses mémoires, lui donne cinq pieds et trois quarts); mais ses membres étaient si bien faits, si bien proportionnés, qu’on ne pouvait s’apercevoir de son exiguïté qu’auprès d’une personne plus grande.

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Mais il n’a pas que des qualités et pour le rendre plus humain, Suétone nous fait part de ses infirmités…

 

LXXX. Ses infirmités

(1) Son corps était, dit-on, parsemé de taches. Sa poitrine et son ventre portaient des signes de naissance, disposés comme les sept étoiles de l’Ourse. Des démangeaisons et l’usage fréquent d’une brosse rude l’avaient couvert d’une infinité de durillons semblables à des dartres. (2) Il avait la hanche, la cuisse et la jambe gauches un peu faibles. Souvent même il boitait de ce côté; mais il remédiait à cette infirmité au moyen de bandages et de ligatures. (3) De temps en temps il ressentait une grande faiblesse à l’index de la main droite. Quand ce doigt était engourdi et raidi de froid, il pouvait à peine écrire en l’entourant d’un anneau de corne. (4) Il se plaignait aussi de la gravelle, et n’était soulagé que lorsqu’il avait rendu des calculs en urinant.