Chapitre 5 De nature deorum (solution)

Traduction de De la nature des dieux, livre I, partie II, Cicéron.

Il y a eu, il y a encore des philosophes soutenant que les dieux ne se mettent nullement en peine des affaires humaines. Si cette opinion est la vraie, que deviennent la piété, la crainte des dieux, la religion? Nous avons à nous acquitter envers les dieux de beaucoup d’offices et la pureté, la franchise du cœur y sont requises, s’il est vrai que les immortels y ont égard et si, de leur côté, ils font quelque chose pour le genre humain.
Si, au contraire, ils ne peuvent ni ne veulent nous être en aide, s’ils n’ont de nous aucun souci et si nos façons d’agir leur sont indifférentes, s’il n’est rien dans notre vie qui atteste leur influence, pourquoi seraient-ils l’objet d’un culte de notre part, à quoi servirait-il de les honorer, de leur adresser des prières?

Il faut constater l’extrême discrétion de l’attitude de Cicéron : il est persuadé que le culte de l’existence des dieux et de leur action sur le monde doit exercer une profonde influence sur la vie, et qu’il est donc d’une importance fondamentale pour le gouvernement d’un État. Il doit pour cela être maintenu vivant parmi le peuple. Il se déclare enclin à croire que les dieux existent et qu’ils gouvernent le monde: il le croit parce que c’est une opinion commune à tous les peuples. Ce consensus universel équivaut pour lui à une loi de la nature « consensus omnium populorum lex naturae putanda est ».