Chapitre 5 : théâtre, amphithéâtre, cirque

  •      L’origine des jeux :
    • A Rome, au début de la République, les jeux ont une origine religieuse, toute la population de la ville y assiste. Peu à peu, cette connotation religieuse s’affaiblit. A la fin de la République, les ludi ne sont plus que des divertissements, des spectacles à sensations qui peuvent être très violents même s’ils sont encore organisés selon le calendrier religieux.
    • Un magistrat, édile ou prêteur, est chargé de les organiser. Il récolte l’argent des impôts et le dépense pour divertir la population. Il leur faut prévoir des courses de chevaux et de chars, des représentations théâtrales et des combats de gladiateurs, le tout accompagné de différents actes religieux et cultuels comme des processions ou des sacrifices.
    • Cela coûte très cher surtout qu’il faut construire les différents bâtiments qui pourront rassembler toute la population.
  • Les bâtiments : 
    • Les architectes antiques ont bâti des lieux à la mesure des spectacles préférés des Romains : grandioses et extraordinaires !
  1. Du théâtre grec au théâtre romain

Les Romains adorent assister à toutes sortes de spectacles, les ludi, offerts chaque année par la cité en l’honneur des dieux. Parmi eux, les ludi scaeni (comédie, tragédie, mime, pantomime…) sont les divertissements donnés sur une scène de théâtre. Les Romains ont emprunté aux Grecs le schéma de leur théâtre mais en faisant quelques modifications :

Théâtre grec, A. Degaine, Histoire du théâtre dessinée, édition Nizet :

schéma th gr

Théâtre romain, A. Degaine, Histoire du théâtre dessinée, édition Nizet :

schéma th ro

Repérez les différences : 

A retenir : 

  • Le mot « théâtre » (en latin theatrum) vient du grec theatron qui signifie « lieu d’où l’on regarde ».
  • A Rome, les représentations ont d’abord lieu sur des estrades provisoires. Le premier théâtre romain en pierre est édifié par Pompée en 55 avant JC : il contient 27 000 places. Sous l’Empire, chaque cité s’équipe d’un théâtre.

th ro photo numeroThéâtre romain de Bosra en Syrie

Légendez l’image avec les termes latins suivants : 

Cavea : gradins

Orchestra : demi-cercle d’allée où se trouve les magistrats

Pulpitum : scène proprement dite, située en hauteur.

Aditus maximus : porte d’accès qui mène dans les vomitoria.

frons scaenae : mur de scène, haut mur avec 3 portes, décoré de pilastres et de niches pour les statues.

Proscaenium : avant-scène

Vomitoria : couloirs par lesquels les spectateurs arrivent à leur place.

Porticus post scaenam : portiques derrière la scène

A retenir : 

  • Il y a 3 zones distinctes dans la cavea. Les spectateurs sont assis dans les gradins selon leur rang social. Les places des Romains privilégiés sont près de la scène. Les femmes du peuple et les esclaves prennent place tout en haut.
  • Pour protéger les spectateurs du soleil où de la pluie, on tendait un grand voile au-dessus des gradins : le velum.

A voir : 

 

  1. Les amphithéâtres : le Colisée

Manuel 4ème Les Belles Lettres p. 41

colisée image manuel

Prolonger la lecture :

Q1-Q3

Q4 : https://www.unicaen.fr/cireve/rome/pdr_maquette.php?fichier=colisee_anim

 

 

A retenir : 

  • L’amphithéâtre, comme son nom l’indique, est la combinaison de deux théâtres de type grec.
  • Il apparaît au IIème siècle avant JC mais se développe au Ier siècle après avec les 1ers empereurs.
  • C’est une arène elliptique entourée de gradins sous laquelle sont creusées des galeries, des pièces contenant décors et machines. Des monte-charges permettent de faire surgir les bêtes et les décors du sol. De larges couloirs, les vomitoria, assurent la circulation comme au théâtre.
  • La façade est composée de une à trois rangées d’arcades superposées selon la taille du bâtiment. Une toile, le velum, abrite les spectateurs du soleil et de la pluie. Les combats ont lieu sur le sable, arena, pour absorber le sang des gladiateurs.
  • L’amphithéâtre le plus célèbre est le Colisée de Rome, construit par l’empereur Vespasien et inauguré en 80 après JC par des jeux fabuleux.
  1. Les cirques : Circus Maximus

 

cir max 3 cir max 2 cir max 1

Le cirque Maxime, au pied de la colline du Palatin.

cir max 4

Les élèves du collège Vauban, sur ce qui restent des gradins, lors du voyage en 2012.

Les courses de chars sont réservées aux citoyens romains donc tout le monde ne peut pas y accéder librement. Les spectateurs sont répartis dans le cirque selon leur statut social, leur quartier, leur faction.

La plupart des courses ont lieu circus Maximus, qui contient 150 000 places sous Auguste. Il existe aussi le circus Flaminius, il est plus petit et moins utilisé.

Le cirque est une arène allongée avec au centre un mur (spina) décoré de statuts. Ces courses, qui étaient précédées d’un défilé solennel (la pompa), elles débutaient par le tirage au sort entre les 4 factions. Les cochers portaient les couleurs des partis sportifs (factiones) , aux quatre « factions » traditionnelles dont les couleurs représentaient, à l’origine, les saisons (bleu « veneta » : hiver, vert « praesina » : printemps, rouge « russata » : été, blanc « albata » : automne).

courses de chars equipes

Les cochers étaient vêtus d’une courte tunique, renforcée de lanières de cuir au niveau de la poitrine pour éviter les fractures des côtes; des jambières protégeaient leurs mollets et leurs cuisses, et un casque leur tête.

courses de char mosaique 2

Les courses de chars, tirés le plus souvent par des chevaux achetés en Afrique, en Grèce et surtout en Espagne étaient un spectacle très prisé. Parfois, par goût d’extravagance, chameaux, éléphants ou tigres étaient attelés. Les pilotes (cochers) devaient s’entraîner durant des années à conduire un char avant d’affronter la compétition : beaucoup mouraient et certains devenaient des héros pour lesquels on érigeait des statues.

courses de char ben hur 2

Les chars sortis des remises sont alignés, le signal du départ était donné par le président à l’aide de la mappa, serviette blanche qu’on jetait dans le cirque. Chaque course comprenait un certain nombre de tours et le passage le plus difficile était le virage de la meta (borne de pierre en forme de cône à pointe arrondie, placée à chacune des deux extrémités de la spina élevée au milieu de l’arène dans le sens longitudinal). La course se déroulait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Les chars devaient effectuer sept tours de piste, équivalant à une distance totale d’environ sept kilomètres et demi, et cela le plus rapidement possible, en longeant la spina, puis en tournant à la hauteur des metae.

course de chars bas relief

Tous les coups étaient permis ;

course de chars obelix

les chars de droite pouvaient par exemple serrer au plus près les chars de gauche pour les faire s’écraser contre la spina.

En cas d’échec, son corps était entraîné par les chevaux, rebondissant sur la piste et heurtant la spina ou les barrières extérieures. Généralement, les autres concurrents étaient incapables d’arrêter l’élan de leurs attelages; ils venaient se heurter au maladroit ou malchanceux conducteur et périssaient avec lui.

20 à 24 courses se couraient dans une journée, si le conducteur tombe, le cheval continue, la prime était en argent, jusqu’à 60 000 as. A l’extrémité circulaire s’ouvrait la porte triomphale (porta triumphalis) par laquelle sortait le vainqueur, tandis que les tués et les blessés étaient évacués par la porta libiteneusis située du même côté que la tribune impériale.

Le vainqueur gagne une branche de palmier, autrement appelée une palme.

course de char mosaique

Entre deux courses, on avait droit aux spectacles d’interludes.  Les courses de chars, qui se déroulaient essentiellement pendant les Ludi Romani (les Jeux de Rome), soulevaient auprès du public un enthousiasme semblable à celui que suscitent les rencontres de football aujourd’hui.

A retenir :

  • Sur le modèle des hippodromes grecs, les cirques sont destinés aux courses de chars.
  • Ils sont rectangulaires, avec un coté en demi-cercle. La longue piste est bordée de gradins, d’abord en bois, puis en pierres, sauf sur le côté réservé aux boxes des chevaux.
  • Un mur central, la spina, divisant le champ de courses, arena, en 2 est orné de statues de dieux, d’obélisques, et des 7 oeufs et dauphins qui servaient à compter les tours de piste effectués par les concurrents.