EPI3 : Un héros moderne

Malgré des sources historiques peu nombreuses et peu fiables, Spartacus est devenu un héros légendaire dont on tire les meilleurs scénarios.

On ne sait s’il fut esclave thrace devenu gladiateur ou légionnaire romain dégradé pour mauvais comportement.

En tout cas, toujours est-il qu’il a inspiré 15 tragédies, 8 romans et autant de films, 1 ballet russe. Récemment il a fait encore recette avec une série télévisée et une comédie musicale. Et ce n’est sûrement pas fini…

Lecture de texte :

Florus, Abrégé d’histoire romaine, III, 21.

On supporterait peut-être encore la honte d’une guerre contre des esclaves. S’ils sont, par leur condition, exposés à toutes les servitudes, ils n’en sont pas moins comme une seconde espèce d’hommes, et nous les associons aux avantages de notre liberté. Mais quel nom donner à la guerre provoquée par Spartacus ? Je ne sais ; car des esclaves y servirent, des gladiateurs y commandèrent. Les premiers étaient de la plus basse condition, les seconds de la pire des conditions, et de tels adversaires accrurent les malheurs de Rome par la honte dont ils les couvrirent.
Spartacus, Crixus, OEnomaus, après avoir brisé les portes de l’école de Lentulus, s’enfuirent de Capoue avec trente hommes au plus de leur espèce. Ils appelèrent les esclaves sous leurs drapeaux et réunirent tout de suite plus de dix mille hommes. Non contents de s’être évadés, ils aspiraient maintenant à la vengeance. Telles des bêtes sauvages, ils s’installèrent d’abord sur le Vésuve. Assiégés là par Clodius Glaber, ils se glissèrent le long des gorges caverneuses de la montagne à l’aide de liens de sarments et descendirent jusqu’au pied ; puis s’élançant par une issue invisible, ils s’emparèrent tout à coup du camp de notre général qui ne s’attendait pas à une pareille attaque. Ce fut ensuite le tour du camp de Varénus, puis de celui de Thoranius. Ils parcoururent toute la Campanie, et non contents de piller les fermes et les villages, ils commirent d’effroyables massacres à Nole et à Nucérie, à Thurium et à Métaponte.
Leurs troupes grossissaient chaque jour, et ils formaient déjà une véritable armée. Avec de l’osier et des peaux de bêtes, ils se fabriquèrent de grossiers boucliers ; et le fer de leurs chaînes, refondu, leur servit à forger des épées et des traits. Pour qu’il ne leur manquât rien de ce qui convenait à une armée régulière, ils se saisirent aussi des troupeaux de chevaux qu’ils rencontrèrent, se constituèrent une cavalerie, et ils offrirent à leur chef les insignes et les faisceaux pris à nos préteurs. Spartacus ne les refusa point, Spartacus, un ancien Thrace tributaire devenu soldat, de soldat déserteur, ensuite brigand, puis, en considération de sa force, gladiateur. Il célébra les funérailles de ses officiers morts en combattant avec la pompe réservée aux généraux, et il força des prisonniers à combattre, les armes à la main, autour de leur bûcher. Cet ancien gladiateur espérait effacer ainsi l’infamie de tout son passé en donnant à son tour des jeux de gladiateurs. Puis il osa attaquer des armées consulaires ; il écrasa celle de Lentulus dans l’Apennin, et près de Modène il détruisit le camp de Caïus Crassus. Enorgueilli par ces victoires, il songea à marcher sur Rome, et cette seule pensée suffit à nous couvrir de honte.
Enfin, toutes les forces de l’empire se dressèrent contre un vil gladiateur, et Licinius Crassus vengea l’honneur romain. Repoussés et mis en fuite, les ennemis, – je rougis de leur donner ce nom – se réfugièrent à l’extrémité de l’Italie. Enfermés dans les environs de la pointe du Bruttium, ils se disposaient à fuir en Sicile. N’ayant pas de navires, ils construisirent des radeaux avec des poutres et attachèrent ensemble des tonneaux avec de l’osier ; mais l’extrême violence du courant fit échouer leur tentative. Enfin, ils se jetèrent sur les Romains et moururent en braves. Comme il convenait aux soldats d’un gladiateur, ils ne demandèrent pas de quartier. Spartacus lui-même combattit vaillamment et mourut au premier rang, comme un vrai général.

Lecture d’image : 

statue Spartacus arrière statue Spartacus face

Spartacus, Denis Foyatier (1793-1863), sculpture en marbre, Musée du Louvre, Paris.

Relevez les éléments qui montrent la révolte. Quel sentiment se dégage de la taille de la sculpture et des traits du personnage ? Qu’a voulu montrer l’artiste ? Pourquoi ?

Spartacus est-il un héros moderne ?

affiche du film Spartacusaffiche de la série Spartacus

Comparez les deux affiches. Quels sont les points communs et les points différents ?

Général_Toussaint_LouverturePortrait de François Dominique Toussaint dit « Toussaint Louverture », XIXème siècle.

A quelle époque Toussaint Louverture a-t-il vécu ? Pourquoi est-il resté célèbre ? Pour quelles raisons l’a-t-on surnommé le « Spartacus noir » ?

Leçon : Spartacus un héros moderne